S’il est une chose qu’un homme possède quelque titre à connaître et puisse prétendre formuler, c’est lui-même, donc les ombres du monde, de ses êtres et de ses choses, telles qu’elles se projettent sur son esprit.
Ethnographie visuelle (portraits vidéos, anciens ouvriers, historiens, architecte, acteurs du patrimoine), recherche documentaire (iconographie, objets, témoignages…) et assistance muséographique (textes et scénari multimédia) dans le cadre du projet de reconversion de la centrale électrique de l’ancienne usine de papiers peints Leroy, à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne) : Les 26 Couleurs.
Ethnomedia réunit des professionnels de la science, de la création et de l’information qui mettent leurs compétences au service de projets scientifiques et culturels. L’objectif du collectif est de promouvoir une anthropologie visuelle au service de projets de médiation, dans les domaines scientifiques, culturels, éducatifs et artistiques
J’en suis le co-fondateur avec l’anthropologue Andras Zempléni, et l’actuel chargé de direction.
Le sujet de cette étude était d’aborder l’univers féminin dans une région rurale malienne (vallée du Diéou, Pays dogon). Les femmes africaines filent le coton, meulent les graines de mil en chantant, lavent et massent leurs enfants, pilent… et nous sommes prêts à exprimer en image la musicalité poétique de leurs gestes. Leur apparence colorée, leur manière de porter fièrement le fardeau, n’empêchent cependant pas les femmes d’être socialement discrètes et de respecter la place que la société leur assigne, loin des décisions prises par les hommes.
En 2002, j’ai rencontré des femmes du Pays dogon (Mali) et les ai suivies dans leurs activités quotidiennes pendant trois mois. Elles évoquent leur vie, leur couple, les changements qu’elles observent dans les comportements de leurs enfants. Elles expriment les stéréotypes que toute société construit, mais aussi les sentiments, les impressions, les opinions, qui permettent de brosser un tableau de la féminité plus ouvert et moderne qu’on pourrait le penser.
Cette recherche (2000-2004) s’est intéressée à la question, centrale en anthropologie, de l’expression d’une identité par le corps. Elle s’est focalisée sur une pratique très peu étudiée par les ethnologues : la danse contemporaine.
Une première phase de cette étude, autour de l’œuvre du chorégraphe Rui Horta, a montré des liens symboliques entre danse et rituel. Une seconde phase a permis l’observation d’une création d’Abou Lagraa (La Baraka) qui mêlait différentes références identitaires et culturelles (danse contemporaine, hip-hop, danse orientale…)..
Cette recherche faisait partie du programme Le Mouvement dansé. En collaboration avec Ethnomedia, la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, Université de La Rochelle (2001-2003), Centro Coreográfico de Montemor-o-Novo (Portugal), Compagnie La Baraka, Annonay, Tunis (Tunisie)
avec le soutien de
Direction des Sciences de l’Homme et des Humanités (Ministère de la Recherche)
Direction Musique Danse Théâtre et Spectacles Vivants (Ministère de la Culture et de la Communication)
Conseil Régional de Poitou-Charentes
Conseil Général de Charente-Maritime
Communauté d’Agglomérations et Ville de La Rochelle
Depuis son origine, l’ethnologie est liée et à la littérature et à la photographie. Mais la photographie, pourtant très utilisée par les ethnologues, n’a jamais réussi à s’imposer comme un véritable outil de description et d’analyse des sociétés. Obstacle technique? Pas seulement. Les ethnologues, sachant que la photographie est soumise à la perception subjective du photographe et de sa société, s’en méfient.
Pourtant, les outils visuels permettent de développer et d’enrichir les méthodes de description et d’analyse ethnologique. C’est le point de vue que j’ai défendu et développé dans ma pratique ethnographique et dans une série de séminaires proposée aux formations doctorales de différentes universités et centres de recherche français (EHESS, CNRS), de 1998 à 2003.
Je continue à promouvoir cette approche dans mes activités de médiation (science, culture, enseignement, vulgarisation…)
Ma thèse d’ethnologie (1998) aborde trois champs identitaires chez les Djéninké du Pays dogon (Mali) : l’identité humaine (comment cette société définit la nature humaine), l’identité ethnique (comment cette société se distingue des autres sociétés humaines), et l’identité masculine (comment cette société définit la place de ses hommes et de ses femmes).
Ces questions sont posées à l’occasion de plusieurs rituels, dont l’un des plus marquants est l’initiation des garçons. De jeunes adolescents y font l’expérience de leur nature humaine, de leur appartenance à une ethnie et de leur séparation définitive du monde des femmes. J’ai pu participer à cette initiation en 1995, et, plus exceptionnel, j’ai été autorisé à photographier l’ensemble des rituels de cette période de deux mois.
Une analyse détaillée de ce rite constitue la troisième partie de ma thèse (Bibliothèque Eric-de-Dampierre, Université Paris X-Nanterre).
Habitant régulier de la vallée du Diéou (Mali) de 1992 à 2002, j’ai pu bénéficier d’un contact direct et naturel avec les personnes interviewées et les familles qui m’ont autorisé à filmer leur quotidien.
Avec le soutien de : Fondation FYSSEN, Région Poitou-Charentes, Conseil général de la Charente-Maritime.
J’ai filmé pendant deux mois la période de création de la pièce chorégraphique LP, de Rui Horta. Les images ont servi à concevoir l’installation photo-vidéo Incorporations.
En collaboration avec Ethnomedia, la MSHS, Centro Coreográfico de Montemor-o-Novo,
avec le soutien du Ministère de la Recherche, du Ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil Régional de Poitou-Charentes, du Conseil Général de Charente-Maritime, de la Communauté d’Agglomérations et Ville de La Rochelle

Une expérience passionnante qui consistait à concevoir une exposition art et science rendant compte de mon travail ethnologique sur la danse contemporaine…