Le sujet de cette étude était d’aborder l’univers féminin dans une région rurale malienne (vallée du Diéou, Pays dogon). Les femmes africaines filent le coton, meulent les graines de mil en chantant, lavent et massent leurs enfants, pilent… et nous sommes prêts à exprimer en image la musicalité poétique de leurs gestes. Leur apparence colorée, leur manière de porter fièrement le fardeau, n’empêchent cependant pas les femmes d’être socialement discrètes et de respecter la place que la société leur assigne, loin des décisions prises par les hommes.

En 2002, j’ai rencontré des femmes du Pays dogon (Mali) et les ai suivies dans leurs activités quotidiennes pendant trois mois. Elles évoquent leur vie, leur couple, les changements qu’elles observent dans les comportements de leurs enfants. Elles expriment les stéréotypes que toute société construit, mais aussi les sentiments, les impressions, les opinions, qui permettent de brosser un tableau de la féminité plus ouvert et moderne qu’on pourrait le penser.

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Ma thèse d’ethnologie (1998) aborde trois champs identitaires chez les Djéninké du Pays dogon (Mali) : l’identité humaine (comment cette société définit la nature humaine), l’identité ethnique (comment cette société se distingue des autres sociétés humaines), et l’identité masculine (comment cette société définit la place de ses hommes et de ses femmes).

Ces questions sont posées à l’occasion de plusieurs rituels, dont l’un des plus marquants est l’initiation des garçons. De jeunes adolescents y font l’expérience de leur nature humaine, de leur appartenance à une ethnie et de leur séparation définitive du monde des femmes. J’ai pu participer à cette initiation en 1995, et, plus exceptionnel, j’ai été autorisé à photographier l’ensemble des rituels de cette période de deux mois.

Une analyse détaillée de ce rite constitue la troisième partie de ma thèse (Bibliothèque Eric-de-Dampierre, Université Paris X-Nanterre).

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De 1992 à 2002, huit séjours de moyenne durée dans une vallée du Pays dogon, au Mali, m’ont permis de rencontrer une population rurale habitant des maisons de terre et vivant de l’élevage et de l’agriculture.
J’ai photographié leur quotidien et des rites dont l’histoire commence à s’effacer sous la pression des changements sociaux-culturels (voir L’initiation des garçons…). J’ai assisté à ces changements, vu des villages se déplacer, des enfants grandir.

Cette expérience ethno-photographique m’a permis de constituer un fond documentaire d’intérêt ethnographique et historique, et de me former à la photographie de reportage de type « humaniste ».

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Habitant régulier de la vallée du Diéou (Mali) de 1992 à 2002, j’ai pu bénéficier d’un contact direct et naturel avec les personnes interviewées et les familles qui m’ont autorisé à filmer leur quotidien.

Avec le soutien de : Fondation FYSSEN, Région Poitou-Charentes, Conseil général de la Charente-Maritime.

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