Depuis son origine, l’ethnologie est liée et à la littérature et à la photographie. Mais la photographie, pourtant très utilisée par les ethnologues, n’a jamais réussi à s’imposer comme un véritable outil de description et d’analyse des sociétés. Obstacle technique? Pas seulement. Les ethnologues, sachant que la photographie est soumise à la perception subjective du photographe et de sa société, s’en méfient.

Pourtant, les outils visuels permettent de développer et d’enrichir les méthodes de description et d’analyse ethnologique. C’est le point de vue que j’ai défendu et développé dans ma pratique ethnographique et dans une série de séminaires proposée aux formations doctorales de différentes universités et centres de recherche français (EHESS, CNRS), de 1998 à 2003.

Je continue à promouvoir cette approche dans mes activités de médiation (science, culture, enseignement, vulgarisation…)

ethnologie photographie

Ma thèse d’ethnologie (1998) aborde trois champs identitaires chez les Djéninké du Pays dogon (Mali) : l’identité humaine (comment cette société définit la nature humaine), l’identité ethnique (comment cette société se distingue des autres sociétés humaines), et l’identité masculine (comment cette société définit la place de ses hommes et de ses femmes).

Ces questions sont posées à l’occasion de plusieurs rituels, dont l’un des plus marquants est l’initiation des garçons. De jeunes adolescents y font l’expérience de leur nature humaine, de leur appartenance à une ethnie et de leur séparation définitive du monde des femmes. J’ai pu participer à cette initiation en 1995, et, plus exceptionnel, j’ai été autorisé à photographier l’ensemble des rituels de cette période de deux mois.

Une analyse détaillée de ce rite constitue la troisième partie de ma thèse (Bibliothèque Eric-de-Dampierre, Université Paris X-Nanterre).

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De 1992 à 2002, huit séjours de moyenne durée dans une vallée du Pays dogon, au Mali, m’ont permis de rencontrer une population rurale habitant des maisons de terre et vivant de l’élevage et de l’agriculture.
J’ai photographié leur quotidien et des rites dont l’histoire commence à s’effacer sous la pression des changements sociaux-culturels (voir L’initiation des garçons…). J’ai assisté à ces changements, vu des villages se déplacer, des enfants grandir.

Cette expérience ethno-photographique m’a permis de constituer un fond documentaire d’intérêt ethnographique et historique, et de me former à la photographie de reportage de type « humaniste ».

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Habitant régulier de la vallée du Diéou (Mali) de 1992 à 2002, j’ai pu bénéficier d’un contact direct et naturel avec les personnes interviewées et les familles qui m’ont autorisé à filmer leur quotidien.

Avec le soutien de : Fondation FYSSEN, Région Poitou-Charentes, Conseil général de la Charente-Maritime.

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